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On le savait, le Makhzen combine depuis toujours exactions, ignominies, interdictions et actions vengeresses. Il vient d’interdire, sans préavis, le camp de vacances des jeunes qu’Amnesty international projetait de tenir à Bouznika, dès le 1° septembre 2014.

C’est par la voix de son agence officielle,  Maghreb Arab Press (MAP), que les responsables ont appris cette interdiction. Dans son communiqué, la MAP a prétendu que l’organisation n’avait pas saisi les autorités de la tenue de cette manifestation. Salah Abdallaoui, s’est inscrit en faux, contre cette affirmation, précisant qu’il avait bien prévenu les responsables de la Province de Benslimane, du projet de camp qui devait se dérouler pour une semaine et l’organisation a précisé dans son communiqué qu’elle avait bien « procédé à toutes les démarches prévues par la loi marocaine ……. et plus particulièrement l’article 3 du décret royal, relatif aux rassemblements publics qui prévoit que toute réunion publique soit notifiée aux autorités locales, et non une autorisation préalable. Ainsi, un fax a été envoyé au Ministre de la Jeunesse et des sports, le 3 juillet 2014 informant les autorités du camp, de la nationalité des 40 participants, et demandant l’autorisation de l’usage du complexe. Puis, le 28 août 2014, un fax a été envoyé aux autorités locales de Bouznika, les notifiant du déroulement du camp. L’organisation est en possession de récépissés confirmant l’envoi de ces deux documents.»

Amnesty n’a pas manqué de dénoncer la décision comme « un pas en arrière pour les libertés d’association et de réunion, alors même que les autorités proclament leur attachement aux droits humains et à l’état de droit. »

Ce n’est pas une première, le régime marocain est terrorisé par tout ce qui ressemble de près ou de loin, à une organisation des droits de l’homme. Il ne se passe d’ailleurs pas un mois, sans que notre pays ne soit cloué au pilori par l’une ou l’autre d’entre elles, pour les cas d’arrestations arbitraires, de séquestrations, de tortures et de condamnations judiciaires, assimilées à des actes de vengeance contre les opposants, les militants ou les simples citoyens victimes d’injustices en tous genres.

On se souvient que l’association en constitution, « Freedom now » avait essuyé le 9, puis le 14 mai dernier, et sans aucune explication, une fin de non recevoir à sa demande d’enregistrement à la Wilaya de Rabat. L’association qui compte dans ses rangs des noms prestigieux tels que Ali Anouzla, journaliste, chroniqueur, «Héros de médias» décerné par « Reporters sans frontières » en 2013, Prix « Leaders pour la démocratie », en 2014 décerné par l’organisation américaine Pomed en 2013, Khadija Ryadi, « Prix de l’ONU des Droits de l’homme », Maâti Mounjib Universitaire, Historien, Politologue et Ecrivain, Fatima Ifriki, journaliste, mais également Ahmed Benseddik, le Centralien qui avait retiré son allégeance au roi et Rida Benotmane, juriste, injustement condamné, en 2007, à quatre (4) ans de prison, pour une prétendue apologie du terrorisme.
Les autorités s’en étaient également prises à Freedom now, lorsque celle-ci avait voulu organiser une conférence débat, au club des avocats de Rabat, en faisant pression sur le club en question, obligeant les conférenciers à se rabattre sur le siège de l’Association Marocaine des Droits de l’Homme (AMDH), le 10 juillet.
Revanchard, le Makhzen s’est alors retourné contre l’AMDH, en interdisant un certain nombre des réunions qu’elle avait programmées, à travers le territoire marocain, alors même qu’il les avaient autorisées, notamment à Safi, Azrou, Ifrane, Tahla, Kariat Ba Mohamed et El jadida.

Amnesty International paie, pour ses nombreux communiqués de ces derniers mois, dénonçant les exactions des autorités, dont ceux du 31 juillet et du 14 août 2014, respectivement intitulés : « Maroc. Il faut cesser de poursuivre les victimes de tortures, pour « dénonciation d’une infraction non existante » et « Maroc. Des militants emprisonnés pour avoir dénoncé des actes de torture doivent être immédiatement libérés. »

Deux publications qui faisaient suite à la condamnation, le 23 juillet 2014, d’Oussama Housne, membre de l’AMDH, Casablanca, à trois (3) ans de prison et cent mille (100.000) Dirhams de dommages et intérêts et Wafaa Charaf, militante des droits humains, à un an d’emprisonnement , cinquante mille (50 000) Dirhams de dommages et intérêts à la police marocaine et à mille (1 000) Dirhams d’amende, le 12 août. Tous deux étaient accusés de « déclarations mensongères », après avoir fait état de tortures infligées lors de leur enlèvement le 2 mai 2014, pour le premier et le 27 avril 2014, pour la seconde et leur séquestration par les services marocains de sécurité.

Circonstance aggravante, Amnesty, s’était également faite son porte-voix, à Farida Aarrass, qui se bat pour prouver l’innocence de son frère, Ali Aarrass, condamné par le Maroc, à 12 ans de prison, pour terrorisme. L’organisation avait ouvert, les colonnes de son journal, à la jeune femme, le 30 juillet 2014, avec un document intitulé « l’air nécessaire à la respiration » qui racontait par le menu détail, les circonstances dans lesquelles, Ali avait été arrêté par les autorités espagnoles, puis transféré au Maroc où il avait subi d’abominables séances de tortures, pour lui faire avouer son appartenance à une organisation terroriste.

En interdisant l’organisation du camp de vacances des jeunes d’Amnesty International, le régime marocain se couvre de ridicule et confirme  les attendus du juge texan James R. Nowlin, qui avait eu à trancher, il y a quelques semaines, sur la demande de la justice marocaine d’appliquer son jugement qui condamnait John Paul DeJoria et Michael H Gustin, dans l’affaire Talsint. Le magistrat avait alors parlé dela propension de Mohammed VI,  à la vengeance et aux représailles, contre ceux qui lui déplaisent.

Salah Elayoubi

http://salahelayoubi.wordpress.com/2014/09/03/makhzen-la-vengeance-pour-credo-3/

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