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Communiqué à l’occasion du 51ème anniversaire du soulèvement du 23 mars 1965

La vérité, toute la vérité sur le sort des disparus et sur l’ensemble des violations graves des droits humains.

Non et Non à la clôture du dossier des violations graves des droits humains par le régime marocain et par le CNDH sans connaitre la vérité toute la vérité et rien que la vérité.

Le 23 mars 1965, un massacre et un bain de sang de plus est commis par le régime marocain. Ce n’est pas le premier ni le dernier massacre à l’encontre d’un peuple qui se voit à chaque fois amené à se confronter à la terreur en réponse à ses revendications et ses droits.

Le 23 mars 1965, une marche pacifique des élèves en protestation contre une décision du ministre de l’éducation nationale interdisant aux élèves âgés de plus de 16 ans de redoubler « le brevet », sera réprimée dans le sang par l’armée avec tous les moyens qu’elle dispose, faisant plusieurs dizaines de morts (enfants , femmes…), de blessés et de disparus (enlèvement arbitraire). Le régime marocain n’a jamais supporté la moindre contestation.

Les multiples appareils répressifs du régime marocain avaient pratiquement disposé d’une véritable « carte blanche » pour agir en dehors même de la loi et en toute impunité afin de museler et/ou mater toute forme d’opposition au régime.

Les victimes du soulèvement du 23 mars 1965 comme toutes les autres victimes des violations graves des droits humains au Maroc avaient connu des multiples procès politiques qui ne furent que des parodies de justice, des « disparitions » forcées et des détentions sans jugement dans des bagnes que sont les centres de détentions secrets illégaux comme Dar El Mokri, Tazmamart, Kalâat M’gouna, Agds, le Complexe, El Korbès et autres endroits secrets.

Les Marocains et particulièrement les victimes du soulèvement du 23 mars 1965 et les familles des disparus et des victimes de la disparition forcée au Maroc ont le droit à la vérité, toute la vérité.

A l’occasion du 51ème anniversaire de cet événement, les familles des disparus et des victimes de la disparition forcée au Maroc tiennent à rappeler que la rupture avec de telles pratiques passe nécessairement par :

– Dévoiler la vérité toute la vérité, sur les événements du 23 mars

– La justice pour toutes les victimes du soulèvement du 23 mars

– Dévoiler la vérité toute la vérité, sur le sort des disparus et sur l’ensemble des violations graves des droits humains

– La divulgation du sort de tous les disparus et la libération des vivants d’entre eux,

– L’identification par ADN et la restitution des dépouilles aux familles,

– Des mesures urgentes pour la conservation de la mémoire,

– Des mesures adéquates en faveur de la réhabilitation et de la régularisation administrative des victimes de la disparition forcée et dont ceux du bagne de Tazmamart et ce à l’instar des dossiers similaires des anciens détenus appartenant à l’administration Marocaine.

– Mettre fin à l’impunité, notamment le limogeage des responsables des violations graves des droits humains de leurs fonctions

La satisfaction de ces revendications est un droit inalliable. C’est une question de droits humains

Les autorités marocaines ne peuvent fuir leurs responsabilités et n’ont pas en aucun cas le droit de clore ce dossier par quiconque.

Ils doivent mettre en œuvre les résolutions de l’Instance Equité et Réconciliation (IER), et se doivent d’apporter des réponses aux revendications des victimes et leurs familles et surtout la vérité sur le sort des tous les disparus.

Fait à Casablanca le 23 mars 2016

Forum Marocain Vérité et Justice

Comité de coordination des familles des disparus et des victimes de la disparition forcée au Maroc.

 

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